xxx CourThéâtre 2012 ! and the winner is...

Les compagnies Roule ta malle et Aniouta.B, prix du jury et prix du public.

CourThéâtre est LE FESTIVAL AMATEUR DE PIECES DE THEATRE COURTES du Rififi aux Batignolles. Cette année, il mettait en compétition 5 troupes amateurs.

 

La compagnie Roule ta malle avec « Léonce et Léna » et la compagnie Aniouta.B avec « Brèves de bureau » sont respectivement lauréat du prix du Jury et prix du public sur l'édition 2003 du festival Paris Courthéâtre.

Fanny Martella et Anne Nathan, responsable de chaque compagnie et de la mise en scène, se sont prêtées bien volontiers à une interview croisée :

 

La Batinette : Bonjour à vous deux, quelques mots sur vos compagnies ?

Fanny  : Roule Ta Malle est une Compagnie amateur née en 2009 d’une (belle) rencontre au Théâtre Pixel. Nous étions élèves de l’Atelier Projet Spectacle avec pour particularité de proposer 12 représentations en fin d’année, et donc demande une certaine exigence artistique, mais aussi un travail de groupe riche qui resserre très vite les liens. Chacun ayant déjà son propre parcours théâtral, nous avons très vite eu la volonté de prolonger l’aventure ensemble sur d’autre projets, et sommes tous impliqués également dans d’autres troupes.

Anne  : La compagnie Aniouta.B existe depuis 2008, suite à de belles rencontres dans le 17eme,.  Notre compagnie vit par son seul désir de créer des spectacles vivants à moindres coûts et de les jouer. Chacun de nos spectacles est singulier, tant par la mise en scène, que par l’interprétation des acteurs. Pour en savoir plus rejoignez-nous les lundi soir 20h au Centre d’animation de la Jonquière, notre porte est ouverte.

 

La Batinette : Vous êtes présents sur le rififi depuis de nombreuses années ?

Fanny  : Beaucoup d’entre nous participent régulièrement au Rififi depuis Verlaine jusqu’au Chat Noir. Dans le cadre de Roule Ta Malle, une première version de Léonce et Léna avait été présentée au Rififi en 2009  puis nous avons repris des créations du Pixel qui nous tenaient particulièrement à cœuromme Le Suicidé de Nicolaï Erdmann ou récemment Là Où L’âme erre de Mathieu Beurton.

Anne : Nous travaillons avec le Rififi depuis 2004, avec Rodolphe Trouilleux à Friche Théâtre « Un assassinat à la plaine Monceau ». Nous avons poursuivis notre route les années suivantes avec Lucien Maillard avec « La fleur des Anars », « Les trois Dumas » et « La Dame aux Camélia » présenté à la Mairie du XVII à guichet fermé.

« Défense de fumer » est venu ensuite à l’interclub 17 et au marché des Batignolles en Happening et enfin « Brèves de Bureau », prix du public cette année.

 

La Batinette : Les deux pièces présentées sur le Rififi 2013 sont des versions courtes. Elles ont pour l'occasion un format de 20 minutes. Celles ci ont conquis le cœur des festivaliers, pouvez vous nous les présenter ?

Fanny : Nous avons choisi de montrer un extrait de notre nouvelle version de Léonce et Léna de Georg Büchner (avec une nouvelle distribution et un autre découpage du texte).

Ces 20 minutes nous semblaient bien résumer le cœur du spectacle, sans en dévoiler tout.

C’est une pièce “poético-romantico-burlesque” (la seule comédie de l’auteur) qui apparaît de prime abord comme un conte classique : un prince et une princesse refusent l’idée de devoir se marier sans même se connaître et fuient chacun de leur côté avec leurs confidents pour finalement se rencontrer par hasard et tomber amoureux...

Mais derrière le romantisme du texte, souvent inspiré de Musset, pointe de plus en plus la comédie burlesque, jusqu’à un certain cynisme, qui présente notamment le Roi Pierre comme un clown, un fantoche ridicule, bien loin de la réalité miséreuse de son peuple.

C’est surtout une pièce qui interroge sur le libre-arbitre et sur la manipulation. Car même quand on croit prendre des décisions en toute conscience, on ne perçoit pas toujours les influences humaines, d’éducation ou politiques, qui nous poussent à ces actes. Et même la rencontre amoureuse semble tirée par les fils d’un destin ironique.

C’est donc surtout cette idée que j’ai retenue dans la mise en scène, en faisant des personnages principaux des marionnettes vivantes que de grands enfants s’amusent à manipuler pour leur propre bonheur, comme s’ils jouaient à la vie dans un vieux grenier. Il y a donc un jeu de théâtre dans le théâtre, de décors faits de bric et de broc et d’images poétiques qui veulent parler tant aux adultes qu’aux enfants.

Anne : « Brèves de Bureau » a été construit d’abord sur la découverte de la pièce de Georges Pérec « L’augmentation » écrite en 1968, je me suis longtemps demandé comment monter ce texte en boucle, écrit avec la précision d’un métronome.

Je souhaitais un spectacle sous forme de flashs, chorégraphié, rythmé, comme des bulles sur le thème du travail ou nous passons le plus clair de notre temps. Pérec bien que notre base s’est étoffé d’autres auteurs : Roland Dubillard, Nathalie Sarraute ou Joèl Pommerat et d’improvisations d’acteurs. Ce travail rigoureux a été merveilleusement accompli par mes trois acteurs amateurs qui n’avaient rien à envier aux professionnels si ce n’est le salaire, tiens c’est la question de la pièce !

Nous sommes partis de 1968, année de liberté pour la première partie du spectacle pour arriver en deuxième partie à notre époque plus rigoureuse au travail, les outils ont changé mais les désirs sont les mêmes.

La difficulté d’une forme courte c’est le choix des séquences. Faire comprendre le fond et la forme en 15 minutes avec cohérence. En ce qui nous concerne nous avons choisi le début du spectacle pour imprimer le style loufoque répétitif de la vie de bureau.

 

La Batinette : Le festival Paris Courthéâtre du Rififi démarrait cette année avec pour défi de proposer des pièces courtes jouées plusieurs fois dans la journée. Comment ce challenge a été vécu par les comédiens ?

Fanny : Avec beaucoup d’enthousiasme et de stress mêlés !

En amont, quand nous avons appris l’existence du festival, nous venions tout juste de commencer les répétitions et le délai nous semblait court, mais l’idée nous plaisait particulièrement pour nous donner une échéance, affronter un premier public, et nous “confronter” à d’autres troupes. Mais on aime bien les challenges chez Roule Ta Malle et nous nous y sommes attelés avec très peu de temps mais beaucoup de cœur!

Ensuite, à part les 3 comédiens qui étaient dans le première version de 2009, les autres n’avaient jamais expérimenté le théâtre de rue et ses contraintes techniques. Porter la voix tandis que les voitures passent (et parfois s’arrêtent pour regarder, vitre ouverte et musique tonitruante dans l’autoradio!), sentir le vent faire flancher les décors, rester concentré quand tout bouge autour, voir tout simplement le public, tout cela était nouveau pour beaucoup. Mais cela a aussi quelque chose de très grisant, et c’est un vrai bonheur de voir que l’on peut, mêmes quelques minutes, retenir un passant qui n’a peut-être jamais mis les pieds au théâtre, ou capter l’attention d’un enfant qui semble tout suivre en se moquant bien de ne pas tout comprendre!

Le fait de reprendre la pièce plusieurs fois de suite a aussi créé une émulation, et j’ai vraiment vu les comédiens évoluer à chaque reprise, avec un plaisir croissant à jouer ensemble, à trouver sans cesse de nouvelles pistes de jeu et un vrai lâcher-prise.

Anne : Ce challenge est stimulant car il oblige les acteurs à être en tension créative. On ne sait pas qui sera là, et à quelle heure. On doit se tenir prêt à bondir.

Le lieu aussi joue son rôle, nous étions au « Bar de la Piscine » qui nous a cceuilli avec une gentillesse extrème, car il faut bien le dire nous avons occupé le café tout l’après-midi.La difficulté était l’espace de jeu très occupé par les tables et chaises et les acteurs ont du manifester beaucoup d’ingénuité dans leurs déplacements. Je crois que le public et les acteurs ont pris plaisir à ce jeu. Merci à Jean François Beaucher pour la régie son, merci à sa grande taille car l’ampli était innaccessible à ma petite taille sauf acrobatie, mais ça se sera pour le prochain spectacle.

 

La Batinette : Vont elles être jouées prochainement en version longue ?

Fanny : C’était le but quand nous avions entamé les répétitions avant le festival et cela devient une réalité grâce au Rififi!

Anne : Oui à interclub 17 !

 

La Batinette : Alors rendez vous à la Jonquieres et à interclub 17 !

Fanny : Avec grand plaisir!!! Nous mesurons le cadeau qui nous est fait et espérons ne pas vous décevoir avec cette version longue.

Un grand merci en tout cas au jury du Rififi et au Théâtre de La Jonquière!

Anne : Nous avions déjà présenté une fois « Brèves de bureau » à l’interclub 17 fin mai 2013 devant un public hilare, il réagissait à tout en acces direct au propos, riant ou souriant il nous a accompagné dans notre rêve de jouer dans un théâtre qui nous acceuillerait pour plusieurs représentations. Nous sommes en négociation avec La Jonquière pour une programmation prochaine, y travaillant depuis trois ans, nous aimerions monter sur les planches de leur joli théâtre. A suivre.

 

La Batinette : Merci Fanny, merci Anne ! La Batinette vous dit à l'année prochaine ?

Fanny : Pourquoi pas? Soyons fous!

Anne : J’ai un attachement particulier pour ce festival y ayant participé depuis le début, spectacles, repas de quartier, sécurité, rédaction ou photos. On oublie pas sa mémoire !

Propos receuillis par JF

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